Hypnose thérapeutique : vers une reconnaissance officielle ?

Hypnose thérapeutique : vers une reconnaissance officielle ?

Encore trop peu connue, l’ hypnose thérapeutique est  une solution alternative dans de nombreux cas. ( Mireille Cornut – Hypnothérapeute – Montpellier)

Hypnose … état particulier de la conscience

Hypnos signifie sommeil en grec, mais l’état hypnotique n’est pas une forme de sommeil. La personne en transe hypnotique (l’autre expression pour désigner l’hypnose) n’est pas non plus dans un état d’éveil caractéristique. On ne comprend pas encore complétement comment le cerveau accède à l’état hypnotique, mais les premières imageries cérébrales réalisées en 2003 par l’équipe de Pierre Rainville (Université de Montréal) sur des sujets en état d’hypnose montre que certaines zones s’activent beaucoup plus durant cet état de conscience. Ainsi, le cortex cingulaire antérieur, le thalamus et certaines régions du tronc cérébral voient une augmentation de leur activité neurologique. Le cortex cingulaire antérieur est notamment impliqué dans l’attention et le contrôle des mouvements de façon cognitive. Certaines autres régions voient une baisse substantielle de leur activité neurologique. Cet état particulier de la conscience, vous le vivez pratiquement tous les jours sans le savoir. À chaque fois que vous êtes « dans la Lune » et que vous vous perdez dans des rêveries tout en étant encore conscient, vous êtes quasiment en transe hypnotique. Certains chercheurs suggèrent même que le phénomène est le même quand nous sommes au volant sur une route qui ne requiert pas une attention soutenue et que nous nous abandonnons à nos pensées, perdant parfois même la notion du temps. Nous sommes à la fois présents, puisque nous conduisons la voiture et absents puisque nous focalisons pratiquement toute notre attention dans le virtuel.

Pour Milton Erickson, psychiatre/psychologue américain décédé en 1980 et père de l’hypnose ericksonienne, « l’ hypnose isole la personne de son environnement conscient immédiat et dirige ainsi son attention à l’intérieur d’elle-même et vers ses propres potentialités réelles ».

C’est vers les années 1760 qu’on peut retracer les débuts de l’hypnose, même si celle-ci n’était pas encore connue à l’époque, mais découlait probablement de pratiques de suggestion qui généraient un état hypnotique chez des patients. Franz Anton Mesmer, un médecin allemand né en 1734, croyait que les maladies étaient causées par une mauvaise répartition du fluide animal qui remplit l’Univers et qui sert d’intermédiaire entre les êtres humains, la terre et les corps célestes, mais aussi entre les êtres humains eux-mêmes. Mesmer clamait qu’il réalignait le magnétisme de ses patients et certains affirmaient se sentir mieux après les séances. Évidemment, point de fluide animal et autre magnétisme à réaligner avec les planètes, mais probablement un fort pouvoir de suggestion couplé à des capacités hypnotiques encore méconnues. Malgré les critiques virulentes de l’époque sur le magnétisme animal de Mesmer (évidemment justifiées), celui-ci a réussi à donner son nom au verbe anglais to mesmerize, c’est-à-dire à la capacité d’une chose ou d’un être à attirer tellement votre attention que vous êtes presque en état d’hypnose.

Même si le recours à l’ hypnose suscite encore parfois de la méfiance chez certains patients, de plus en plus de professionnels de santé suggèrent cette pratique qui ne remplace pas certains actes médicaux, mais qui vient en complément de ceux-ci. Ainsi, des séances d’hypnose peuvent être choisies par un patient dans de nombreux actes médicaux ou même par les personnes qui font appel aux services d’un expert en santé mentale, que ce soit un psychiatre ou un psychologue. Par exemple, l’hypnose thérapeutique dans le domaine de la santé mentale implique une synchronisation entre le patient et le thérapeute. Ce dernier comprend ainsi mieux les angoisses, les peurs ou encore les désirs et attentes de la personne en transe positive. Il peut également mieux faire passer des messages rassurants, calmants, ou même rationnels.

Dans le domaine de la chirurgie, il est important de rappeler que l’hypnose ne peut se substituer à une anesthésie générale nécessaire dans des cas de chirurgie lourde. On ne peut donc pas encore se faire amputer un membre ou subir une craniectomie sous hypnose. Par contre, elle peut être pratiquée dans certains cas de chirurgie légère. De plus, un patient qui accepte de subir une séance d’hypnose juste avant une opération chirurgicale va être mis dans un état de transe positive visant à lui amener un confort accru, à le rassurer vis-à-vis de l’acte chirurgical. Ce confort sera utile avant l’opération, mais aussi au réveil, puisque la plupart des patients ressentent les effets de l’hypnose même après avoir été opérés, notamment pour ce qui est de l’intensité de la douleur.

Source , Blog Hinnovic de l’Université de Montréal.